Les essentiels Compliance Phoenix #15
Focus du jour : le « schtroumpfage », une technique de blanchiment toujours d’actualité.
➡️ De quoi s’agit-il ?
Le schtroumpfage (ou smurfing) fait partie des montages décrits dans les typologies internationales de BC/FT-P-C. Il consiste à fragmenter un montant illicite en multiples opérations, réalisées par plusieurs individus complices et coordonnés, « schtroumpfs », afin de rester sous les seuils habituels de vigilance.
Cette technique peut mobiliser divers instruments de paiement :
– Dépôts en espèces,
– Virements de faible montant,
– Achats d’instruments monétaires (chèques de banque, mandats),
– Transferts via des prestataires de services de paiement,
– Recharges de moyens de paiement prépayés.
En multipliant les opérations et les supports, les auteurs réduisent la visibilité des flux et compliquent la détection.
➡️ Qui est concerné ?
Le schtroumpfage ne touche pas uniquement les institutions financières. Il peut également apparaître dans d’autres secteurs tels que :
– Casinos et jeux : mises ou achats de jetons sous le seuil de vigilance.
– Prestataires de services de paiement : envois répétés de petites sommes pour contourner les contrôles.
– Commerces de détail et luxe : achats multiples de biens, par exemple de la petite maroquinerie ou des sacs de luxe.
➡️ Exemple concret :
Une organisation criminelle souhaite blanchir 50 000 € en espèces.
Pour éviter de passer au-dessus des seuils de vigilance habituels, l’auteur recrute 6 schtroumpfs, chacun chargé de déposer entre 8 000 € et 9 000 € dans des établissements bancaires différents, contre rémunération.
Les 50 000 € sont ainsi introduits par fragments, dispersés sur plusieurs comptes, sans déclencher de contrôle renforcé. Une fois déposés, les fonds peuvent être transférés, consolidés ou investis.
➡️ Comment s’en prémunir ?
– Réaliser des KYC solides : vérifier l’identité et la cohérence du profil économique.
– Surveiller les opérations « atypiques » : repérer les dépôts ou transferts fractionnés et les comportements atypiques.
– Former les équipes : sensibiliser aux typologies de BC/FT-P-C et obligations locales.
– Mettre en place des procédures internes robustes.
– Coopérer avec l’AMSF : réaliser des déclarations de soupçon sans délai.




