08/01/2026

Les Essentiels Compliance #15 – Le « schtroumpfage », une technique de blanchiment toujours d’actualité.

Les essentiels Compliance Phoenix #15

Focus du jour : le « schtroumpfage », une technique de blanchiment toujours d’actualité.

➡️ De quoi s’agit-il ?

Le schtroumpfage (ou smurfing) fait partie des montages décrits dans les typologies internationales de BC/FT-P-C. Il consiste à fragmenter un montant illicite en multiples opérations, réalisées par plusieurs individus complices et coordonnés, « schtroumpfs », afin de rester sous les seuils habituels de vigilance.

Cette technique peut mobiliser divers instruments de paiement :

– Dépôts en espèces,
– Virements de faible montant,
– Achats d’instruments monétaires (chèques de banque, mandats),
– Transferts via des prestataires de services de paiement,
– Recharges de moyens de paiement prépayés.

En multipliant les opérations et les supports, les auteurs réduisent la visibilité des flux et compliquent la détection.

➡️ Qui est concerné ?

Le schtroumpfage ne touche pas uniquement les institutions financières. Il peut également apparaître dans d’autres secteurs tels que :

– Casinos et jeux : mises ou achats de jetons sous le seuil de vigilance.
– Prestataires de services de paiement : envois répétés de petites sommes pour contourner les contrôles.
– Commerces de détail et luxe : achats multiples de biens, par exemple de la petite maroquinerie ou des sacs de luxe.

➡️ Exemple concret :

Une organisation criminelle souhaite blanchir 50 000 € en espèces.

Pour éviter de passer au-dessus des seuils de vigilance habituels, l’auteur recrute 6 schtroumpfs, chacun chargé de déposer entre 8 000 € et 9 000 € dans des établissements bancaires différents, contre rémunération.

Les 50 000 € sont ainsi introduits par fragments, dispersés sur plusieurs comptes, sans déclencher de contrôle renforcé. Une fois déposés, les fonds peuvent être transférés, consolidés ou investis.

➡️ Comment s’en prémunir ?

– Réaliser des KYC solides : vérifier l’identité et la cohérence du profil économique.
– Surveiller les opérations « atypiques » : repérer les dépôts ou transferts fractionnés et les comportements atypiques.
– Former les équipes : sensibiliser aux typologies de BC/FT-P-C et obligations locales.
– Mettre en place des procédures internes robustes.
– Coopérer avec l’AMSF : réaliser des déclarations de soupçon sans délai.